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Réduction de la fracture numérique

Connecter les aînées…

Dans le cadre d’un partenariat avec Vie Féminine financé par la Fondation Roi Baudouin, ADA a formé un groupe de quinze aînées aux bases de l’informatique, en quatorze séances. Avec comme objectif de faire de ces élèves originales de futures formatrices, capables de transmettre leurs découvertes numériques à d’autres ensuite. Compte-rendu d’une expérience de « réduction de la fracture des générations »…

Nadia Ben Alita, formatrice chez Interface3, le dit avec bonheur : « elles sont tellement motivées, tellement intéressées ! ». Et il en faut, de la motivation, pour arriver jusqu’au deuxième étage de notre centre de formation, grimper une à une les marches de cet interminable escalier, et atteindre enfin la salle de cours, où attendent, mystérieux, des ordinateurs à apprivoiser. Mais c’est le défi qu’a relevé, 14 mardis durant, un groupe d’aînées de Vie Féminine, dont la plus âgée affiche pas moins de 82 ans.

Du B.A. BA à l’autonomie

Au départ, certaines avaient de maigres connaissances, d’autres arrivaient sans avoir jamais touché un clavier, mais avec parfois une référence : la machine à écrire. Même si ça n’a rien à voir, nous dit Monique Robert, citant les corrections fastidieuses d’autrefois. Mais chacune a soif d’apprendre, et affronte sans frémir ces technologies qui envahissent leurs vies.

Avec des révélations, des grincements de dents et toute une logique à découvrir : fenêtres à ouvrir, fermer, réduire, l’art du double-clic, la recherche de fichiers dans des dossiers au bout d’arborescences, la syntaxe des adresses Internet… Les surfeurs aguerris oublient souvent qu’ils/elles ont dû apprendre ce qui est aujourd’hui un automatisme.

Au fil des semaines, les aînées ont appris à surfer sur Internet, mettre en page un document en traitement de texte, animer des images via un logiciel de présentation, relever leur email et même chatter ! La pédagogie et la patience de leurs formatrices a séduit les apprenantes : quand elles posent des questions chez elles, souvent, leurs enfants ou petits-enfants leur prennent le clavier pour résoudre les problèmes à leur place. Ici, on les guide sans les remplacer, ce qu’elles apprécient toutes. Et certaines projettent déjà avec plaisir la nouvelle complicité qui va pouvoir s’installer entre elles et leurs petits enfants, grâce à ce nouveau savoir. Ainsi, Eliane Jadoul chatte désormais avec sa petite fille, Nadine Vandenabelle crée des toiles virtuelles dans un logiciel de dessin et Jacqueline Binamé repère les sites de recettes de cuisine : l’informatique dévoile toute sa richesse.

Petite cerise sur le gâteau, l’apprentissage se fait sur logiciels libres ! Sans grande expérience, la plupart des apprenantes n’ont pas les réflexes tenaces des usagers des logiciels propriétaires. Elles peuvent donc souplement s’adapter à de nouvelles interfaces qu’elles pourront ensuite se procurer gratuitement et installer sur leurs propres machines.

On se jette à l’eau !

Au bout de la formation, c’est le grand test : le groupe doit animer des ateliers à l’occasion de la Fête de l’Internet d’Interface3, le 27 mars… Lors des préparatifs, le stress est palpable ! Mais ce n’est là qu’un défi supplémentaire qu’elles sont prêtes à relever ! L’équipe « email » répète pas à pas les étapes à respecter pour envoyer son courrier, l’équipe « traitement de texte » cherche des images de gâteaux pour une invitation, tandis qu’on formalise l’exercice dans l’équipe « recherche sur internet ». Les plus calées donnent un coup de main aux plus hésitantes, et les formatrices passent de poste en poste pour répondre aux dernières questions.

Quelques semaines plus tard, au lendemain de l’activité, Nadia Ben Alita et Sylvia Bantuelle tirent un bilan positif de l’expérience : l’atelier a été bien suivi, par une quinzaine de personnes invitées par les aînées elles-mêmes. Et au cours de la journée, certaines des participantes ont même été agacées par la lenteur de leurs nouveaux élèves : la preuve que la mémoire est courte ! Elles en étaient au même stade quelques mois plus tôt !

Mais Sylvia Bantuelle et Nadia Ben Alita restent épatées de la ténacité et de la volonté de leurs stagiaires et soulignent le désir qu’elles ont manifesté d’aller plus loin, d’apprendre encore… Quatorze séances n’ont permis que d’aborder les bases et il reste tant à découvrir pour qu’elles aient un véritable sentiment de maîtrise ! Cependant, certaines se sont déjà lancées et ont déjà programmé des ateliers pour le mois d’octobre. La transmission est en marche, la fracture peut guérir, petit à petit…

Eléonore Seron
avril 2007

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