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Formations Explore

Chhht… Informaticiennes en gestation

Fin juin 2006, un neuvième groupe de femmes terminera son cycle de formation Explore au centre Atel, à Anvers. 14 femmes y auront vécu une année de cours d’informatique intensifs et un stage... La chance pour chacune d’entre elles de peut-être décrocher un boulot bien payé et passionnant dans le secteur des TIC ? ADA a été leur rendre visite, histoire de discuter de leurs attentes et expériences.

Les formations Explore ne sont pas accessibles à tous. Tout d’abord, les étudiants doivent être des femmes, mais aussi demandeuses d’emploi, et, de préférence, en possession d’un diplôme de l’enseignement supérieur, car le niveau et l’intensité des cours d’informatique sont élevés. Dans ce neuvième groupe Explore du centre Atel à Anvers, ceci dit, on retrouve une grande variété de formations initiales : de traductrice interprète à des métiers de l’accueil et des relations publiques, en passant par l’enseignement artistique supérieur, l’hôtellerie, un graduat en marketing, le dessin industriel, la comptabilité, et même un graduat en informatique. Quant à l’âge des participantes, il varie entre 25 et 50 ans.

Pourcentage d’embauche élevé

Depuis le lancement des formations Explore en 2001, près de 700 femmes ont suivi des formations intensives en informatique en Flandre, à Bruxelles et en Wallonie(•). Avec un large éventail de matières, allant du hardware et de la gestion de serveurs et de réseaux jusqu’à la programmation, sans oublier le développement et le design de sites web, les étudiantes apprennent tout ce qui est nécessaire pour trouver un poste dans le domaine informatique. "Les chances de décrocher un boulot sont très grandes," estime Rebecca Monteyne, coordinatrice de projets chez Atel. "Dans le précédent groupe Explore que j’ai accompagné, douze participantes ont presque immédiatement trouvé un boulot. Cela représente un pourcentage d’embauche de 85%."

On pourrait se demander ce qu’une graduée en informatique vient faire dans une formation de ce type. Pourtant, en y regardant de plus près, les choses deviennent claires. Anke Van Den Broeck a décroché son diplôme en informatique il y a plus de 20 ans. Mais elle s’est rapidement retrouvée à aider son mari pour des questions de comptabilité et d’administration. Résultat, elle n’a jamais eu l’occasion de pratiquer ce qu’elle avait étudié. "Pourtant, ça a toujours été mon truc," explique-t-elle, "du coup, lorsque l’année dernière, on m’a donné la chance de rattraper tout ce que j’avais perdu au cours de ces 20 dernières années, je n’ai pas hésité un instant."

Beaucoup d’autres participantes disent aussi ne pas avoir hésité une seconde lorsqu’elles ont entendu parler de cette formation. "J’ai travaillé plus de 20 ans dans les installations portuaires, et j’ai toujours aimé travailler avec des ordinateurs," se souvient Vera De Mulder. "Lorsqu’un ordi tombait en panne, j’étais la première à le réparer, que ce soit au boulot, à la maison ou chez des amis." D’autres expliqueront leur engouement par le fait qu’elles ont un informaticien dans la famille ou dans leur cercle d’amis. "Mon frère est programmeur," raconte Annuska Serneels, "l’informatique faisait déjà partie de ma vie. Ca m’a donné confiance, m’a permis de me dire que ça pouvait être quelque chose qui me conviendrait." Et d’autres, comme Annemie Sanchez, ex Sabena, ont suivi divers cours portant sur des softwares d’application durant leur carrière, et se disent heureuses de pouvoir enfin quitter l’aspect utilitaire de l’informatique pour embrasser le côté plus créatif. "C’est comme un rêve impossible qui devient réalité", reconnaît Annemie Sanchez en riant.

Motivation avant tout

Pendant huit mois, ces femmes auront suivi des cours chaque jour de la semaine de 9 heures à 17 heures, sauf les mercredis après-midi, ce qui est fortement apprécié par toutes, qu’elles aient ou non une charge de famille. Griet Jansen, 25 ans : "Je n’ai pas d’enfants, mais je peux imaginer le poids que représentent ces études pour celles qui en ont. Quand on rentre le soir après les cours, ce n’est pas fini : on passe encore minimum une heure à préparer l’un ou l’autre cours pour le lendemain."

"La motivation est vraiment un élément essentiel pour pouvoir accéder à cette formation", souligne Rebecca Monteyne, coordinatrice de projets chez Atel. "Même avec un bagage important en informatique, sans la motivation, c’est impossible à réussir. On ne peut pas faire face à une telle charge d’étude." "C’est vrai," ajoute Goele Veulemans, "quand un examen s’annonce, il faut être prêt à sacrifier un week-end si nécessaire."

Réseau de femmes

"Quand j’ai entendu que nous allions être 14 femmes, je me suis dit : ça ne va jamais marcher," se souvient Cindy Crabbé, "les femmes ne s’entendent pas entre elles. Mais c’était totalement faux." "Certains professeurs nous disent parfois qu’on ressemble à une basse-cour", renchérit Nele Van Rompaey, "mais ne vous y trompez pas, nous formons véritablement un groupe et nous nous aidons constamment." "C’est vrai," reprend Cindy Crabbé. "Je suis plutôt du genre technique, et j’ai parfois du mal avec la théorie, mais je peux toujours appeler mes collègues le soir ou le week-end ou leur envoyer un mail."

"On vient toutes ici avec plaisir," confirme Riitta Ahtaja, "on se soutient mutuellement, et c’est justement ça qui rend les choses tellement passionnantes et motivantes. Je serai évidemment très contente le jour où nous aurons fini, mais je serai aussi très triste, car c’est passé tellement vite." Vera De Mulder ne voit que le bon côté des choses. "Vu comme nous nous sommes entraidées pendant les cours théoriques et pratiques et dans la recherche de stages, je suis sûre que même après les cours, nous garderons contact, que nous continuerons à nous entraider, qu’on se tiendra au courant des possibilités d’emploi. C’est pas pour rien qu’on appelle ça un réseau, hein !"

"De temps en temps, on fait une sortie avec le groupe," raconte Nathalie De Geyter, "il n’y a pas longtemps, on a été à Amsterdam pour les Microsoft Devdays 2006. Ca renforce aussi l’esprit de groupe, d’autant qu’en tant que femmes, nous sommes toujours très bien accueillies. Si le public des Devdays est composé de 99% d’hommes, nous étions LE 1%. Et entendre le monde de l’entreprise pleurer pour qu’il y ait plus de femmes dans le milieu, ça nous a fait un bien fou. On ne se sent pas seulement valorisées, mais aussi demandées."

Valorisées et demandées

Pourquoi a-t-on besoin de femmes dans le secteur des TIC ? Selon Nancy van Herreweghe : "Les processus complexes sont mieux réfléchis au sein d’un groupe hétérogène que d’un groupe homogène. Il ne s’agit pas de se dire : ’l’informatique, c’est aussi à la portée des femmes,’ ou, ’l’informatique, les femmes le pratiquent autrement’, mais ’l’informatique s’améliore grâce à l’apport des femmes’." Goele Veulemans est entièrement d’accord avec cette analyse : "La plupart des femmes sont plus portées sur la communication et le relationnel que les hommes, et c’est important, surtout dans le secteur des TIC, parce qu’en tant qu’informaticien, il ne suffit pas de savoir travailler avec d’autres informaticiens, il faut aussi, par exemple, être capable de donner une explication claire à un client."

Ceci dit, ce n’est pas pour autant que l’on ne travaille pas au développement des capacités à la communication et au relationnel dans le cadre des cours Explore. "La semaine prochaine, nous aurons une semaine projet," remarque Ellen Helsen, "et là, la collaboration est un élément essentiel. Il faut pouvoir prendre des décisions, communiquer, distribuer les tâches et faire des choix concernant qui est le plus apte à faire telle ou telle chose." "Je suis sûre que nous allons y arriver," ajoute une Vera De Mulder, confiante : "après une demi-année, presque toutes savent ce qui les botte le plus, et les autres le savent aussi. Certaines parmi nous sont meilleures en technique ou en programmation, et d’autres possèdent ce « plus » créatif qui garantit que le projet sera de haut niveau."

"En fait, ce n’est véritablement que lors de leur stage," nuance Rebecca Monteyne, " que les participantes découvriront ce pour quoi elles sont douées, ce qui leur plaît plus particulièrement, autant de données qu’elles pourront utiliser par la suite dans le choix de leur futur travail."

Quand on leur demande à quoi ressemblerait le job de leurs rêves, les réponses sont partagées : pour certaines, un bon salaire est un élément essentiel, pour d’autres, ce sont des horaires flexibles et un contenu varié, et pour d’autres encore, ce sont les contacts avec les autres, la créativité et les responsabilités. Par contre, un point sur lequel elles sont toutes d’accord, c’est qu’un bon boulot doit permettre chaque jour d’apprendre de nouvelles choses.

’Où sont les femmes ?’ se demande ADA sur ses affiches. Nous avons un début de réponse... Pour l’heure, c’est : "Chhht… informaticiennes en gestation", mais sous peu, on pourra dire : "Les voici !"

Corine Van Hellemont
Avril-Mai 2006

• Aron à Hasselt, www.aron.be  ; Atel à Anvers, www.atel.be  ; Interface3 à Bruxelles, www.interface3.be  ; Sofft à Liège, www.cvfe.be/insterion-pro.htm  ; CDR à Ansart, www.cdr-ansart.be  ; Mentor à Courtrai, www.mentorkortrijk.be  ; Interface3-Namur, www.interface3.be/namur.htm .


Version corrigée
 
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