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Interview avec Rose DEHEZ formatrice en gestion des réseaux NT4 et 2000.

Rose DEHEZ est une jeune femme de 31 ans. Elle est formatrice en gestion des réseaux dans les environnements NT4 et 2000. Elle travaille à TECHNIFUTUR où des cycles de formation sont organisés, d’une part, pour les entreprises, d’autre part, pour les demandeurs d’emploi. Quand elle ne donne pas cours, elle étudie car, explique-t-elle, dans le domaine de l’informatique, il est indispensable de se tenir au courant de l’évolution technologique. Ainsi on reste dans " le coup " et cela permet de préparer d’autres cours.

Ce métier-là, de formatrice, il y a 4 ans qu’elle l’exerce mais elle fait de l’informatique depuis 7 ans. Avant cela, elle était professeur d’Histoire et de Géographie, mais, dans ces branches, il n’était pas commode d’arriver à remplir un horaire complet en prestant une heure par ci, par là. C’est ce qui l’a décidée à entamer un post- graduat à l’ IPEPS de Liège en cours du soir, à raison de trois soirs par semaine. Elle a eu la chance d’être engagée alors qu’elle était toujours en formation. Elle dit : " J’ai abordé l’informatique comme j’aurai pu le faire avec d’autres matières, les math ou bien la couture…J’avais cette envie en moi, d’apprendre, et aussi de transmettre. Je fais les deux, c’est formidable ! "

Le fait d’être une femme constitue-t-il un handicap dans les métiers TIC ?

Rose DEHEZ pense que non. Dans ces métiers, ce sont les connaissances, les compétences qui importent. Il faut, pour se lancer dans ce domaine, avoir l’ambition de devenir un " crack ". Bien sûr, il y a sans doute parfois un employeur plus réticent à l’engagement d’une femme. Mais, franchement, c’est l’exception.
A TECHNIFUTUR, dans le département TIC, parmi les formateurs, on compte deux femmes qui font de la formation leur principale activité. Mais, il est vrai qu’elles sont surtout nombreuses dans les formations en Bureautique. Les cours d’informatique " pures " (c’est-à-dire plus " techniques ") sont encore presque tous donnés par des hommes. Cependant, il y a quand même l’une ou l’autre femmes ! et pour des cours Système !

Comment choisir une formation, savoir celle qui convient à la personne ?

Peut-être faut-il essayer différentes choses. Ou se lancer et, si on se plante… il en restera toujours quelque chose, ce n’est jamais perdu. L’informatique est un système complexe aux nombreuses ramifications et les possibilités d’étude sont très variées et très diversifiées. On peut donc y trouver son " bonheur ". Mais même s’il s’agit de sujets spécifiques ceux-ci restent néanmoins interconnectés, c’est en ce sens que " ce n’est jamais perdu ".

Quels diplômes sont nécessaires pour accéder aux formations ?

A Technifutur les formations longues pour demandeurs d’emploi (en partenariat avec le Forem, le CEFORA et le CFPE) sont précédées d’une sélection des candidats basée sur des tests psychotechniques à l’entrée. Et, sur 200 candidats on prend les 40 meilleurs résultats. Ceux-ci " subiront " ensuite une interview permettant de mesurer leur degré de motivation. Pour cette raison, il vaut mieux avoir quand même certaines connaissances de base. Cependant, pour certaines formations Technicien PC/Réseaux par exemple, on peut commencer au degré zéro et il n’y a pas de test d’entrée. Mais alors, il faut s’accrocher ! D’autres formations nécessitent des connaissances informatiques de base. Au sujet des travailleurs un dialogue a souvent lieu avant toute formation pour permettre d’évaluer les besoins (et donc les formations) de l’entreprise.

La matière " Protocole des Réseaux " quelle est-elle ?

Ce qu’on appelle " Protocoles ", ce sont en fait les langages qu’emploient les machines (ordinateurs) pour se parler dans un réseau. On apprend les procédures pour les installer, et aussi à comprendre comment cela se passe. Comment on implémente les protocoles dans différents environnements systèmes et en fonction des besoins.

Rose DEHEZ donne aussi quelques cours sur Internet, parce que " c’est mon métier et c’est une matière très agréable où chacun peut facilement trouver un intérêt ", dit-elle.

Précisions sur les formations de TECHNIFUTUR

Pour pouvoir suivre les formations de 6 mois destinées aux demandeurs d’emploi, il est nécessaire de passer par le FOREM. Cependant, il arrive régulièrement que dans une formation Entreprises, il reste des places. Des personnes ont alors l’opportunité de les occuper. Encore faut-il avoir les connaissances requises et faire parvenir un CV qui le prouve.

Il existe aussi des cours du soir, les Web Evening, c’est une initiation à Internet en 3 soirées de 18H à 21h. C’est accessible à tous et c’est gratuit ! Se renseigner au 04/382 44 45. Une autre possibilité est d’apprendre par l’E-learning avec une connexion Internet. Cependant, Rose DEHEZ pense que cette technologie de l’E-learning n’est pas encore très au point et fait peu partie de nos habitudes d’apprentissage. Pédagogiquement ce système permet l’apprentissage différencié où chacun peut progresser à son propre rythme, c’est donc un concept intéressant mais qui nécessite une connexion Internet de qualité.

Technifutur met l’accent sur des activités précises où l’apprenant peut apprendre en une quasi autonomie mais cette optique prend plus de temps et malheureusement les cours que l’on peut trouver sur Internet ressemblent souvent à un " livre électronique ". Ceci dit on constate un net progrès dans le nombre de formations suivies à Technifutur :

En 2001, 81 travailleurs et 41 demandeurs d’emploi ont suivi une formation en E-learning à Technifutur pour 213 travailleurs et 105 demandeurs d’emploi en 2002.

Dans certains pays comme le Canada où les distances sont énormes, l’E-learning est une solution et est donc très développé. Mais en Europe, si nous avons le choix, on préfère le contact direct. Rose DEHEZ participe également à la création d’un cours en ligne sur les " Télécommunications dans l’entreprise " et souligne qu’il est facile de critiquer mais nettement plus difficile de réaliser un cours de qualité tant sur le plan pédagogique que sur le plan technique.

L’informatique, est-ce un secteur porteur pour les femmes ?

Certainement oui. être un homme ou une femme, cela n’a pas d’importance. Encore une fois ce sont les connaissances qui priment. La réalité c’est que les femmes n’investissent pas les formations plus " techniques " . Même en Bureautique, on voit des différences de choix : Pour Power Point, par exemple, les femmes sont très demandeuses, par contre, pour Access, ce sont plutôt les hommes. Peut-être les garçons marchent-ils plus à la compétition, au défi et les filles plus au feeling ?

D’autres aspects sont à prendre en considération comme la disponibilité, la mobilité, les conditions de travail. Pour certains métiers, il ne faut pas avoir peur d’un peu se salir. Etre technicien cela implique de devoir parfois travailler à genoux par terre. Par contre donner cours n’est pas salissant.

Comment concilier travail et vie de famille ?

Il est vrai que lorsqu’une femme s’investit à fond dans son travail et y passe 10h par jour, ce n’est pas toujours simple pour le couple surtout avec des enfants. Cela demande de l’organisation et aussi de la compréhension de la part du conjoint. Certains même ne le supporte pas et s’en vont….mais il y en a d’autres, ils ne sont pas tous comme ça !

Pour être Technicienne PC , il faut combien d’année ?

Comme dans tous ces métiers, pour être un " crack ", il faut beaucoup de temps… En fait, on n’a jamais fini d’apprendre car ça évolue tout le temps. Quand on y pense, depuis les années 80 il y a eu une telle évolution… c’est vertigineux. Pour nos enfants, cela va aller beaucoup plus vite, ils sont nés avec et n’ont pas peur, ils y vont franchement.

A 32 ans , est-ce trop tard pour commencer ?

Pas du tout. Nos formations sont de 6 mois, suivies d’un stage. Récemment, nous avons engagé un gestionnaire PC/Réseau âgé de 50 ans.

Les petits trucs…l’anglais…

Il existe des petits trucs pour apprendre plus facilement comme s’abonner à un magazine, consulter les listes de discussion sur le Net, avoir 2 ou 3 machines sous la main à pouvoir démonter… Mais surtout il faut avoir le goût, la curiosité. Elle dit : " Il faut aussi que vous vous lanciez dans l’anglais. Les choses les plus intéressantes sont publiées en anglais, comme les " Tech Net de Microsoft". Il suffit de pouvoir le lire, pas nécessairement le parler ".

Il existe un éventail de métiers lié aux TIC, de nombreuses possibilités…

L’E-Business : consiste par exemple en l’implantation de solutions informatiques pour faire du commerce électronique, comme la création de sites à partir desquels il est possible de commander un article ou un service, acheter en ligne.

L’Infographie : est une branche plus artistique. Il se pratique sur Macintosh et plus rarement sur PC. Cela concerne le graphisme, la mise en page pour divers supports : brochures, CD Rom, Web… C’est une branche dans laquelle il y a 50% de femmes.

Le Télétravail , par exemple " encoder " chez soi, sous statut d’indépendant ou bien d’employé. Il existe un site qui explique la législation spécifique du Télétravail.

L’aspect législatif lié à Internet. Là aussi, c’est intéressant, on peut se former dans cette voix. Répondre à des questions comme : peut-on lire le courrier d’autrui au sein d’une entreprise ? Tout l’aspect juridique au niveau de l’Europe.

L’aspect " Recherche ", les différentes études que l’on peut faire concernant l’Impact de L’Informatique dans la vie de tous les jours.

L’animation, les dessins animés, à Camera Enfants Admis, où Rose DEHEZ a travaillé quelques temps, " on utilisait des PC pour faire des films d’animation à partir de personnages et de décors dessinés par les enfants ". C’est aussi un débouché possible.

Le Cyber-secrétariat , c’est un métier nouveau qui cumule des bases en compta, en secrétariat et en informatique. La formation existe à TECHNIFUTUR (toujours en collaboration avec le Forem). En fin de formation on obtient une attestation.

Que trouvez-vous de plus " chouette " dans votre métier ?

Ce qui est agréable, dans l’Informatique, c’est que cela bouge tout le temps, cela n’a rien de routinier. Etre formatrice, cela permet aussi de rencontrer beaucoup de gens, de se faire plein de " potes ". Elle dit : " En plus, je parle tout le temps à mon ordinateur, on me prendrait pour une folle. Je lui dis : Allez mi p’tite feye ! Bien sûr, les mots ordinateur et PC sont masculins, mais l’élément le plus important reste quand même la carte mère ! ".

interview recueillie par Christine Leruth

 
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