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Les logiciels libres : une stratégie féministe ?

Lors d’une rencontre de l’association ’Genre et Technologie’ (1) à Utrecht, une réflexion a été proposée sur le lien entre le féminisme et les logiciels libres.

Le 27 janvier, Laurence Claeys (2), Erna Kotkamp (3) et Anne Beaulieu (4) se sont rencontrées pour discuter d’un thème qui, à première vue, semble n’avoir pas grand chose à voir avec les études de genre : Free/Libre Open Source Software (F/LOSS) en tant que stratégie féministe.

"Divers aspects de l’Open Source, comme le partage de la connaissance, et le questionnement critique des mécanismes de pouvoir sont également caractéristiques du féminisme ". Partant de là, la confrontation en devient une évidence. Peu de chercheurs s’intéressent à la fois aux Etudes Féminines et à l’Informatique, en particulier aux Logiciels Libres. La réflexion portant sur F/LOSS en tant que stratégie féministe ne rassemble donc que quelques personnes.

Les avantages des logiciels libres (5) sont nombreux : ils sont souvent gratuits et le code en est ouvert, ce qui veut dire qu’on peut y accéder et l’étudier, on peut les adapter en fonction des besoins personnels (une plus grande diversité est ainsi possible). De plus, le partage de ce code fait partie d’un choix réfléchi, qui va sciemment à l’encontre de la vision générale concernant les patentes sur les codes de logiciels, etc.

Cependant, un argument négatif de poids est souvent avancé : un manque d’accessibilité pour le ’simple utilisateur’. Mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas, et une simple comparaison entre Open Office et Microsoft Office en est la preuve, même si les avantages pour le ’simple utilisateur’ sont moins étendus que pour un ’utilisateur développeur’. "Pour ce groupe d’utilisateurs, les logiciels Open Source sont véritablement ’libérateurs’, car les logiciels libres ont des possibilités de transformation, et donc de ’rébellion’". Une idée qui renvoie à la vision du Prof. Cecile Crutzen concernant l’influence des Etudes de Genre sur la transformation de la discipline informatique, une théorie trop complexe pour pouvoir la résumer dans cet article, mais qui reste un nom à retenir : "Les féministes ne peuvent peut-être pas inventer de pilule pour l’homme, mais elles peuvent développer leurs propres logiciels ".

Le panel rassemblé a également formulé une critique vis-à-vis de la communauté Open Source. "Sur les listes mail, on est souvent confronté au sexisme, et même au racisme, et ici aussi, un modèle hiérarchique est mis en place, même s’il prend une autre forme. Par ailleurs, le rejet de Microsoft se fait le plus souvent sans aucun argument. Il ne faudrait pas oublier que c’est grâce à Microsoft que des documents peuvent être lus aujourd’hui de l’autre côté de la planète. "

Notes
(1) http://www.genderentechnologie.nl/
(2) Laurence Claeys est chercheuse ’Digitale Kansen’ au Steunpunt Gelijkekansenbeleid vde l’Université d’Anvers.
Si vous avez des questions, des propositions de lectures, des remarques ou de bonnes idées concernant cette rencontre, vous pouvez prendre contact avec elle via : laurence.claeys@ua.ac.be
(3) Erna Kotkamp est chargée de cours et manager ICT auprès du ’Onderwijsinstituut Media en Re/Presentatie’ de l’Université d’Utrecht.
(4) Anne Beaulieu est chercheuse senior au ’Virtual Knowledge Studio’ de l’Académie Royale Néerlandaise des Sciences, à Amsterdam.
(5) Lire plus sur les logiciels libres Le Logiciel libre a le vent en poupe !

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