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Interview avec Mme Schouten, Corporate Public Relation Manager IBM"

Nous avons rencontré Mme Schouten, - Corporate Public Relation Manager - pour avoir son point de vue sur la carrière des femmes dans les entreprises "ITC". Le "cas IBM" à ce propos se révèle d’un grand intérêt : on y voit la confirmation que les grandes entreprises ITC s’interrogent sur les évolutions possibles du rôle de leurs employées.

D’après Mme Schouten, IBM cultive l’idée d’égalité des chances et de valorisation de la diversité depuis les années ’50, mais c’est surtout à partir de la fin des années ’90, à la suite d’une pénurie d’informaticiens, qu’IBM a commencé à se questionner sur l’accès des femmes aux métiers liés aux nouvelles technologies. L’entreprise est composée de 25% de femmes, mais les postes techniques sont souvent occupés par des hommes.

Cependant, il est nécessaire qu’un projet informatique soit mené par une équipe mixte, et cela pour des raisons à la fois liées à la demande du marché - beaucoup d’entreprises sont créées aujourd’hui par des femmes, et IBM veut pouvoir leur proposer un interlocuteur privilégié féminin - et à la nature même d’un projet informatique, qui demande des compétences toujours plus diversifiées : les différentes approches dans la manière de gérer les problèmes constituent une richesse, la garantie d’une meilleure interprétation des desiderata des clients. Les femmes et les hommes sont complémentaires et il serait dommage - dans le domaine des nouvelles technologies - de devoir renoncer au talent des femmes.

IBM a donc entamé différentes actions visant à former ses employées à l’informatique et plus généralement à promouvoir la carrière des femmes. C’est en 1997 qu’est né l’ "European Women Leaderchip Council" dans le cadre duquel plusieurs workshops ont été organisés. Le premier, sous forme de colloque, n’était ouvert qu’aux femmes, qui ont d’ailleurs participé massivement à l’initiative. Le résultat a été la décision des femmes de "ne rien faire pour les femmes, sans les hommes" et d’impliquer leurs collègues masculins dans la réflexion sur les thèmes à l’ordre du jour, à savoir les différentes façons de vivre sa propre carrière en entreprise et surtout le rapport entre la vie privée et le travail.

Ce dernier sujet, pris à cœur par IBM depuis longtemps, a été à nouveau proposé au cours du deuxième workshop auquel les hommes étaient aussi invités. Il faut souligner que la flexibilité est un concept-clef de l’entreprise : chez IBM il est possible de travailler à 100%, à 80%, et même à 50%, c’est toujours une question de choix de la part des employés, et ce choix est toujours respecté par l’employeur. De plus, l’entreprise a été l’une des premières à faire du télétravail une alternative réelle au "travail traditionnel" et à donner aux employés la possibilité de travailler suivant leurs propres rythmes, avec des horaires tout à fait personnalisés. Mme Schouten pense que cette possibilité de télétravail est un moyen particulièrement intéressant de concilier vie professionnelle et familiale.

Ce n’est donc pas à ce niveau que se pose le problème, mais plutôt au niveau d’un changement des mentalités des femmes, et des managers vis à vis de leurs employées. Si le manager n’a pas toujours le "courage" de proposer aux femmes - ayant des enfants et une vie familiale qui leur demande un plus grand investissement - de s’engager plus dans leur carrière, les femmes elles-mêmes n’osent pas souvent manifester leur envie d’un avancement professionnel.

En partant de cette constatation, on parle maintenant de "mind set" (façon de voir, mentalité) chez IBM et de la nécessité d’en prendre conscience. On a donc pensé inaugurer une action de coaching et mentoring à la fois envers les femmes et leurs chefs. Les premières en leur apprenant à se manifester, à exprimer leurs désirs, les seconds, en les stimulant à poser les bonnes questions et à "sonder" les aspirations des femmes, sans hésitations et idées préconçues. Il s’agit d’un projet qui vient à peine de voir le jour mais il a déjà été décidé d’un "modus operandi" pour le mettre en place : un appel sera lancé à tout le personnel de l’entreprise via l’intranet de façon à créer les liens entre les mentors potentiels et les employées qui auraient envie de participer à cette action. En principe la(e) mentor(e) doit être une personne de confiance, qui n’a rien à voir avec la hiérarchie de l’employée. Il est prévu une rencontre employée-mentor(e) d’une heure par mois pour réfléchir ensemble à cette problématique.

C’est une initiative importante qui reflet le souci de l’entreprise de faire plus pour ses employées. Par ailleurs - conclut Mme Schouten - même en période de crise, il ne faut pas abandonner l’idée d’encourager les femmes à se lancer dans les nouvelles technologies, l’informatisation de tous les domaines d’activités étant un processus désormais irréversible.

Anne-Catherine Devolder, Elena Lanzoni

 
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