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Des opportunités en ligne pour les ASBL

Ada s’installe dans Second Life

Par pure curiosité, Ada a visité le monde virtuel Second Life : l’occasion de découvrir les opportunités qu’offre cet univers en 3D pour les associations sans but lucratif. Ainsi, Ada a aidé à la construction du « Gender Square », un espace gratuit pour les asbl liées au genre proposant une salle d’exposition, de la place pour des services de bibliothèque et/ou documentation, une salle de projection et de conférence, un podium pour des événements et des équipements de e-learning.

"Les mondes virtuels en 3D sont la prochaine phase de la révolution Internet" (1) lisait-on dans Fortune au début de cette année, citant les propos du PDG d’IBM, Sam Palmisano. Ainsi, plus de 3000 membres du personnel IBM ont désormais leur avatar (sorte d’alter ego) sur Second Life (SL). SL est un monde virtuel en 3D fréquenté par plus de 20.000 utilisateurs chaque jour. Comme dans la vie réelle, on peut s’y rencontrer, échanger des idées, faire ses courses, sortir, étudier, construire une maison, lancer un business, gagner de l’argent, vivre une histoire d’amour…


Ada aide à la construction
du Gender Square
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4 km2 Gender Square dans SL

Depuis février 2007, Ada participe à la construction du Gender Square dans Second Life. Destiné aux associations sans but lucratif de Belgique actives dans les matières liées au genre, le Gender Square propose un espace d’exposition, des services de bibliothèque et/ou des centres de documentation, une salle de projection et de conférence, un podium pour des événements culturels et du matériel pour les cours à distance (e-learning).

Les infrastructures du Gender Square sont ouvertes gratuitement à toute organisation ayant comme but de promouvoir l’égalité entre femmes et hommes. Ceux qui veulent en outre suivre de près les activités de construction du Gender Square peuvent directement se rendre au Gender Square ou, pour des questions, envoyer un IM (instant message) de SL à l’avatar d’ADA, votre dévouée Adalace Jewell.

Comment vous y rendre ? Lisez :“Rendez-vous gratuitement sur le Gender Square en cinq étapes.”

Pour plus d’info, contactez dans la vie réelle : Corine.VanHellemont@ada-online.be .

Mais si on a parlé de SL dans les médias ces derniers mois, c’est surtout en raison des fantasmes sexuels que la version + 18 ans permet d’assouvir… Néanmoins, SL ne se résume pas à cela. Car SL est fabriqué à 100% par ses habitants et donc, pourquoi pas, par des associations sans but lucratif ?

Qu’est-ce que Second Life (SL) ?

SL est un jeu en ligne et en même temps, pas tout à fait. En effet, 5,4 millions d’avatars y simulent le monde réel : ils y achètent et vendent des terrains, construisent ou louent des habitations, lancent leur entreprise, vendent leurs propres créations, fondent une bibliothèque, un musée, une université virtuelle, un centre d’information, un magnifique jardin où les gens peuvent venir méditer, ou rendent hommage à leurs proches, comme après la tragédie de Virginia Tech.

Seul le sol, l’eau et l’air ont été créés par l’entreprise qui se cache derrière SL (°2002), à savoir Linden Labs. Le reste est façonné par ses habitants, au moyen de prims (primitives), des formes géométriques simples (blocs, cylindres, prismes, cercles, cônes, etc.). Les parois de ces prims peuvent être habillées de textures, comme une façade du 16e siècle, par exemple, une devanture de magasin, un arbre ou un buisson.

De cette manière, les habitants créent des villages entiers, des centres commerciaux, des cafés, des voitures, des avions, des bateaux, mais aussi toutes sortes de gadgets, dont des bijoux, des GSM, des iPods, etc.


Virginia Memorial dans Second Life
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Ceux qui veulent animer ces objets écrivent un script (petit programme informatique) dans le langage de programmation de Linden ou associent gratuitement un script à l’objet en question : dans le but, par exemple, de projeter des flux vidéos issus d’Internet ou de faire fonctionner un jukebox …

Plus de femmes que d’hommes

De manière étonnante, la plupart des visiteurs réguliers de SL sont des femmes, généralement de formation supérieure aux hommes (2). Toutefois, il est difficile d’évaluer la fiabilité de telles données sur SL : en effet, dans SL, tout le monde peut choisir le sexe de son avatar, sans tenir compte de son genre réel. Selon les sources, 14 à 18% des hommes dans la vraie vie choisiraient un avatar féminin contre seulement 3,5% de femmes qui opteraient pour un avatar masculin (3).


L’avatar d’Ada : Adalace Jewell
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SL permet ainsi à chacun de façonner son avatar. Vous pouvez le faire ressembler à vous-même, à votre meilleur copain ou copine, ou créer un personnage de toute pièce. Les études révèlent qu’une fois une première phase d’expérimentation passée, la plupart des habitants optent pour un avatar qui ressemble à ce qu’ils sont dans la vraie vie mais en plus jeune, plus grand, plus mince et plus athlétique. Bien que cet aspect n’ait pas été étudié, on peut imaginer que l’effet psychologique doit être positif. Une habitante le dit : "dans SL, la petite fille qu’on est restée peut être aussi belle qu’elle le désire. Tous les souhaits du type « Et si seulement j’étais… » peuvent se réaliser » (4).

Petits et grands

La monnaie locale sur SL est le dollar Linden. Son cours journalier oscille entre 3,1 et 3,4 EUR pour 1.000 L$. Le cours est important parce qu’à tout moment, il est possible de gagner de l’argent sur SL (via par exemple des actions de collecte au profit de bonnes actions). Ainsi, l’association américaine contre le cancer Relay for Life a récolté plus de 40.000 dollars US sur SL l’an dernier.


La bibliothèque de Second Life
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Mais pour pouvoir gagner de l’argent ou attirer beaucoup de monde sur sa parcelle, il faut avoir quelque chose à offrir. Les Newbies (comme sont appelés les nouveaux venus sur SL) peuvent être séduits par un snack ou une boisson. Mais au bout d’une semaine, ces cafés et crèmes glacées n’intéressent plus grand monde… Ce qui explique que sur les plus de 5 millions d’avatars SL, 10% seulement sont des habitants réguliers. Les études (5) révèlent que les plus créatifs oeuvrent dans le domaine de l’architecture, de l’entreprenariat, de la programmation (scripting) ou de la mode (en créant des vêtements pour les autres avatars).

Les joueurs qui attirent plus de 1.000 visiteurs par jour sont ceux qui ont d’autres canaux médias à leur disposition pour faire la publicité de leur événement SL. Les autres, dont les particuliers, qui ont un lopin de terre de 0,5 km2 (juste ce qui faut pour bâtir la maison de ses rêves), ne rassemblent généralement qu’eux-mêmes et peut-être quelques amis. Les règles du jeu pour attirer du public dans Second Life restent les mêmes que dans la vie réelle !

Les associations sans but lucratif


Le bâtiment préfab
chez Ada dans Second Life,
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Toutes les possibilités de SL n’ont pas encore été exploitées. Mais une chose est claire : ce nouveau canal média doit être tenu à l’œil, parce qu’il interagit avec d’autres canaux médiatiques tels que les sites Web de nos asbl.

Ainsi, par exemple, il est très facile d’introduire le logo d’une organisation dans SL et de le monter sur un bâtiment ou d’en faire un t-shirt à distribuer gratuitement (voir le t-shirt de Ada dans l’illustration ci-dessus). L’installation d’une borne d’information fait aussi partie des possibilités offertes. De cette manière, vous pouvez offrir aux visiteurs qui cliquent sur la borne un « carton » avec plus d’information sur votre association ou les envoyer directement vers la page web de votre choix.


Live concert de musique sur Second Life
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SL offre aussi de nouvelles opportunités aux artistes : on y organise des concerts ainsi que des pièces de théâtre. Les visiteurs y expriment leur appréciation en donnant des pourboires. Des artistes connus ou moins connus peuvent aussi y exposer leurs œuvres et même les vendre à ceux qui veulent en décorer leur maison virtuelle. Pour la reproduction d’une peinture réelle, on paie entre cent et mille dollars Linden (0,50 à 3,1 euro).


Gallerie d’art sur Second Life
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Des bibliothèques et des centres de documentation y trouvent des extensions à leurs services, en organisant par exemple des présentations de (nouveaux) livres, des groupes de lecture ou en invitant des auteurs à lire leur propre œuvre (sans que les visiteurs doivent réellement se déplacer).

 

Rendez-vous gratuitement sur le Gender Square en cinq étapes

1. Ouvrez la page Web secondlife.com
2. Cliquez sur "Join now" et choisissez un avatar standard (personnage). Cliquez sur "Skip this step" lorsqu’on vous interroge sur votre carte de crédit.
3. Téléchargez et installez le programme (10 minutes)
4. Connectez-vous. Il vous faudra environ 20 minutes pour maîtriser les rudiments de SL.
5. Cliquez en dessous sur Search, puis saisissez "Gender Square" en cochant la case "mature". La téléportation a commencé. Si Adalace Jewell ne montre pas le bout de son nez, cliquez sur "IM" en bas de l’écran et envoyez-lui un petit message.

Si vous êtes déjà membre de Second Life, cliquez ici et vous tombez sur le Gender Square.

Last but not least, les mondes 3D offrent beaucoup de possibilités en e-learning. On peut, par exemple, donner un cours virtuel, une fois par mois, aux élèves, à distance, et revoir les cours de manière interactive, au moyen de présentations dias en ligne.

D’après l’expérience de l’Université virtuelle de Harvard, le fait que les apprenants puissent se voir sur l’écran et discuter en direct contribue à la motivation et à la formation du groupe (6).


Projection dans Second Life du
cd-rom d’Ada “Informatisons !”
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N’oublions pas qu’il existe aussi un Second Life pour ados dont toutes les possibilités restent également à découvrir. Comme on a besoin d’un minimum de connaissance du langage de programmation pour animer soi-même les objets qu’on a créés dans SL, (p.ex. pour faire danser son avatar, ou pour distribuer des infos écrites ou graphiques, placer une serrure à sa porte d’entrée, créer une liste de choix de musique pour son jukebox… ) l’organisation de cours de programmation pour les jeunes filles, en utilisant leur intérêt pour SL, constitue peut-être une nouvelle opportunité d’attirer les filles vers des études informatiques. Ada a bien sûr pris note de cette possibilité avec grand intérêt !

Corine Van Hellemont
Avril 2007

Notes & liens
(1) “It’s not a game”, David Kirkpatrick in Fortune, 23 februari 2007
(2) EPN rapport
(3) Rymaszewski, M., Au, W.J. Wallace, M. (2007). Second Life. The official Guide. Linden Lab, pp. 76-77
(4) Rymaszewski, M., Au, W.J. Wallace, M. (2007). Second Life. The official Guide. Linden Lab, p. 17
(5) EPN rapport
(6) http://www.slideshare.net/iconolith/second-life-for-education

 
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